Moyen-Orient n° 18

En avril 2012, les comédiens du Théâtre national de Bagdad ont joué devant une salle comble. Ils interprétaient une adaptation irakienne de Roméo et Juliette, de William Shakespeare. Roméo est chiite, Juliette sunnite. Ils s’aiment, mais ils résident dans une cité déchirée par les préjugés et ravagée par les conflits confessionnels. Cette initiative artistique est une petite lueur d’espoir, de réflexion citoyenne, dans un État détruit qui laisse peu de place à l’optimisme. Dix ans après la chute de Saddam Hussein, la situation politique, économique et sociale est catastrophique. Certes, les attentats sont moins nombreux que dans les années 2000 et les rues des grandes villes ont retrouvé une certaine « tranquillité ». Et il serait naïf de penser que les temps de la dictature baasiste, l’une des plus violentes du XXe siècle, sont regardés avec nostalgie.
D’abord le constat : le quotidien de la population n’a guère changé, les principales infrastructures de base (santé, éducation, eau, etc.) n’ayant pas été reconstruites, et ce, en dépit d’une immense richesse pétrolière. En mars 2003, devant les télévisions du monde entier, George W. Bush promettait aux Irakiens la « libération » de leur pays, la « fin de la tyrannie ». La suite >

Moyen-Orient n° 17

Moyen-Orient n° 17, Janvier-Mars 2013

Depuis les premières manifestations en Tunisie, en décembre 2010, la question aura toujours été la même pour l’ensemble des pays attrapés par la vague révolutionnaire : que va faire l’armée ? Comme si les militaires avaient entre les mains à la fois le destin de la dictature ébranlée et l’avenir d’une démocratie exigée par le peuple. Au Moyen-Orient, l’armée n’est pas un acteur à négliger : elle est partout, à tous les niveaux décisionnels. Pourtant, le rôle des soldats dans les nations arabes a été largement ignoré par les chercheurs. Peu d’analyses existent, du moins en langue française, sur la question. L’ambition de ce dossier est de relancer le débat sur le poids des forces armées dans les sociétés moyen-orientales. La suite >

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Moyen-Orient n° 16

Moyen-Orient n° 16,
Octobre-Décembre 2012

Le Qatar, encore et toujours… Le nom de ce minuscule émirat du golfe Arabo-Persique résonne dans les esprits de tous, y compris des personnes les plus désintéressées par les questions du Moyen-Orient. Car le pays de Hamad bin Khalifa al-Thani est devenu une marque, un logo qui apparaît jusque sur les maillots des plus grands joueurs de football. Pourtant, à part quelques données sur la fortune de l’émir (grâce au gaz) et sur son épouse, cheikha Mozah bint Nasser al-Missned (sans doute la seule première dame du Moyen-Orient à être autant médiatisée), on ne sait pas grand-chose des Qataris et du Qatar. La suite >

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Moyen-Orient n° 15

Moyen-Orient n° 15,
Juillet-Septembre 2012

Chaos, coup d’État, junte militaire… Les nouvelles en provenance d’Égypte sont alarmantes, signes d’une contre-révolution, comme en 1789, lorsque la volonté du peuple français mena finalement à la Terreur, puis à l’Empire. Il fallut attendre près d’un siècle avant que la France ne devienne une république stable, en 1870. Les révolutions du « printemps arabe » ont-elles été « volées » ? Et par qui ? Il est certain que les intentions du Conseil suprême des forces armées égyptien n’inspirent guère confiance, surtout depuis l’annulation, le 14 juin 2012, du scrutin législatif de l’hiver 2011-2012. En Tunisie, les violences des salafistes accaparent les couvertures de tous les journaux. La suite >

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Moyen-Orient n° 14

Moyen-Orient n° 14,
Avril-Juin 2012

« Allah, Al-Watan, Al-Malik ». En français : « Dieu, la nation, le roi ». Au Maroc, il n’existe rien de plus sacré que ces trois termes ; parfois, ils apparaissent dessinés avec des pierres blanches à flanc de colline. Même le souffle de liberté du « printemps arabe » ne doit pas les remettre en cause. Le royaume alaouite n’a toutefois pas échappé aux manifestations qui exigeaient des réformes politiques et économiques urgentes. Rien à voir cependant avec les « émeutes du pain » des années 1980 qui, sous le règne de fer du roi Hassan II (1961-1999), s’opposaient aux augmentations du coût de la vie. Cette fois, il fallait réformer. Après les chutes de Zine el-Abidine ben Ali et de Hosni Moubarak, Mohammed VI a fait siennes des revendications menaçant le cœur même du Makhzen, l’appareil de décision entourant la monarchie. La suite >

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Moyen-Orient n° 13

Moyen-Orient n° 13,
Janvier-Mars 2012

Après la révolution vient le temps de la contre-révolution. Du Maroc à l’Égypte, celles-ci sont guidées par des formations autrefois honnies et bannies par les dictatures : les islamistes sont les grands gagnants politiques du « printemps arabe ». Alors qu’ils étaient peu nombreux sur les places à manifester, ils font leur retour en force – par les urnes – dans des sociétés en pleine transformation. Si la laïcité implique l’éviction de la religion de l’espace public, une réflexion sur la place de l’islam dans les sociétés musulmanes s’impose. La foi du prophète Mahomet est, pour une majorité des habitants du sud de la Méditerranée, une référence identitaire primordiale. Les islamistes gouverneront, ils ont été élus, n’en déplaise aux plus sceptiques. Faut-il pour autant en conclure qu’une « vague verte » enfermera le Maghreb et le Machrek dans une nouvelle ère d’autoritarisme ? La suite >

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Le réveil arabe vu de Jérusalem

(© Koekeloer)

Par Arie M. Kacowicz
(avril 2011)

Professeur au département
des relations internationales, université hébraïque de Jérusalem

Comment Israël perçoit-il les révolutions en cours dans le monde arabe ? Et quelles perspectives d’action ce renouveau lui offre-t-il ? Plusieurs options sont envisageables, en fonction de l’approche des relations internationales adoptée.

Un sentiment révolutionnaire s’est répandu dans tout le Moyen-Orient au cours des deux derniers mois. De la Tunisie à l’Égypte, en passant par Bahreïn, la Libye et le Yémen, un « nouveau Moyen-Orient » prend forme : d’anciens régimes ont été renversés pacifiquement (en Tunisie et en Égypte), des guerres civiles se déchaînent (en Libye). Il reste cependant difficile de faire une analyse globale du Moyen-Orient arabe, car chaque pays et chaque régime ont leurs spécificités. La suite >

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Chaînes satellitaires : outils d’influence, facteurs de puissance

Par Théo Corbucci (avril 2011)
Journaliste spécialisé sur les médias du Proche et du Moyen-Orient

Les chaînes satellitaires touchent aujourd’hui l’ensemble du monde arabe, y compris le désert comme ici en Jordanie. (© DanielW)

Les récents événements survenus en Tunisie, en Égypte ainsi qu’en Libye l’ont prouvé : les chaînes satellitaires, avant tout Al-Jazeera, ont une véritable influence sur le plan politique, mais également sur le plan diplomatique, voire stratégique. Au point d’avoir de réelles incidences sur les relations internationales elles-mêmes.

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Moyen-Orient n° 12

Moyen-Orient n° 12,
Octobre-Décembre 2011

La Tunisie et l’Égypte tentent de trouver la voie de la transition démocratique, la Libye découvre la liberté après quarante-deux années de règne de Mouammar Kadhafi… La Syrie vient de vivre un « été de l’autoritarisme ». Les images qui nous parviennent de villes comme Hama ou Homs montrent une répression des plus féroces du régime de Bachar al-Assad contre son peuple. Depuis le 15 mars 2011, début des protestations, au moins 2 600 personnes ont perdu la vie, selon l’ONU. Le président syrien a bien appris la leçon : un dictateur ne doit jamais reconnaître son manque de légitimité, erreur qui avait coûté leur « trône » à Zine el-Abidine ben Ali et à Hosni Moubarak. La suite >

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Moyen-Orient n° 11

Moyen-Orient n° 11,
Juillet-Septembre 2011

Inattendue, la vague révolutionnaire partie de Tunisie fin 2010 concerne aujourd’hui l’ensemble du monde arabe avec une ampleur plus ou moins grande selon les pays. La guerre en Libye ou la répression massive du régime syrien sont là pour en témoigner. Mathieu ­Guidère, professeur à l’université de Toulouse 2, que nous avons interrogé sur ces mouvements de contestation, rappelle d’ailleurs qu’il n’a pas été possible de « dupliquer » la révolution tunisienne dans d’autres pays arabes et qu’au contraire, ces mouvements ont été progressivement contrôlés, que ce soit en Égypte, au Maroc ou à Bahreïn. La suite >